24/04/2009

je fais ce que je suis

Dans l'éveil et dans l'attente. Comme une succession punitive de petits déjeuners. Des séances d'étirements sans fin orchestrées par Légion. Le corps s'allonge et s'étend pour rejoindre sa conscience, qui est partie et n'est jamais revenue. Comme une mère indigne, sans même laisser de quoi le nourrir.

Elle est partie rejoindre les rues où la merde et les rats s'entassent. Les lieux où l'esprit a cessé de mentir et de se préserver. Les lieux de l'incontinence des impudiques, où les seules lumières sont celles, vacillantes, du feu de la catharsis. Où le mental s'alimente de doutes, et dîne en famille avec la Peur. Elle a essayé de se suicider depuis les monts himalayens, et on l'a retrouvée ivre dans une rivière. Qui voudrait lui ôter ses délires, et assumer le poids de sa dépression?

On a cassé le miroir une fois qu'elle l'eut traversé. De là où elle se trouve, elle voit des groupes d'animaux sauvages former des familles d'apprivoisés. Et de sa jungle elle les salue. Ils ont déjà le dos tourné, la tête baissée, l'échine ensoleillée. Elle avance dans la brume sur des ruines, elle va où elle est, comme elle veut. Avançant droit vers la force qui va la dissoudre.

 

Les rapaces s'attaquent à ses paupières , et le bruit des chacals l'empêche de dormir. Il n'y aura ni repos ni abandon, comme un long fil tendu de part et d'autre de son cerveau, qui refuse de céder, qui refuse la mise à zéro. Le poids d'une chevelure humide remonte d'entre ses cuisses, jusque sa poitrine, pour s'évaporer entre ses omoplates. Laissant sur son passage de petites décharges électriques irrégulières. Impossible de croiser son regard, le film est une succession de sensations mêlées aux souvenirs des icônes aperçues sur les étales de marché. Le corps musclé au déplacement aérien se fixe dans son dos, comme une carapace de chair, il irradie sa douce chaleur. Les décharges qui provoquent des sursauts se transforment en messages, comme de petites vipères qui trouvent intuitivement leur chemin et se faufilent dans tous le corps. Le désir progresse et elle ne peut échapper à son explosion. Perdant son amant au levée du jour et aux sons des cloches.

14:16 Écrit par La Baleine dans Lune | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/07/2008

Vamos a la playa

L’été n’est plus un ami, mercure en cancer est un brigand matricide, le point culminant de la haine se dissout dans le silence, l’essentiel est fantomatique.

Il serait d’usage de prendre garde aux formes, et ainsi laisser retomber la pierre dans le fond du puit.

La parure orange vif est amère, les quelques mètres de peau flottent pris par les caprices d’un vent timide.

Il n’est plus question que ma volonté échoue dans la répétition d’actes mythiques.

Revoilà l’étendard de l’ennemi qui flotte sous mon nez, dans ses teintes noires, rouges parsemés d’or jaloux, selon le slogan, les hommes savent pourquoi.

Je rêve de me plonger dans les couleurs chaudes, atteindre l’orgasme du nœud, le mécanique qui dissout l’angoisse, car certains corps sont scellés, ce que je sais ne me rend pas meilleure, juste impardonnable, je ne vois pas d’erreur hormis celles de l’interprétation, condamné à jouer à cache-cache avec la vérité commune.

C’est un monde aquatique, ou tout se mêle, je ne vois rien d’autre que ces ondes si lourdes et tumultueuses desquelles je ne saurai m’extraire. Elément miroir à l’infini. L’œuvre n’a jamais cessé d’être complète, tout s’y contient, le linéaire est illusoire, l’œil du cyclone se joue de notre importance.

Les hommes ont tenté de parler sous l’eau et mes bulles sont parties avec les bancs de poissons. Ma robe est dérisoire. L’importance que je vous accorde, même si mon cœur s’élance un instant au dessus des eaux, est dérisoire. Je ne fais rien que je ne puisse être, c’est d’une simplicité rageuse. L’erreur de ma nature est celle d’une majuscule, je ne vois d’importance qu’en mon propre mystère. Et le ministère masculin m’en porte à faux. Je n’ai que des mots à base de gomme arabique, mais je tiens aux tourments de ma mémoire.

L’histoire n’est qu’oignon en ses couches. La mienne, telle une vieille, ridée et yeux azurs.

C’est moi le téléviseur, c’est moi la nomade, c’est moi le poisson, ton épaule est un rocher, je n’aime pas les rivages. Je m’appartiens, adieu censeur, qui m’abandonnant, me rends mon bras. Puisse tu grincer, je m’appartiens, je me reprends, je te laisse échouer.

16:25 Écrit par La Baleine dans Lune | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13/07/2008

Odaelle

Faut-il m’aimer comme on ment à la lune

Retourner son œil solennellement

 

Dans l’orbite présomptueux

 

Le danger environnant parfaitement décapité

 

Oh Préféré de mon Ame

 

Favori de mes entrailles

 

Ma Nature n’est plus défendable

 

J’ai ramé à sec sur les dunes

 

J’ai ravalé ma salive dans une promesse

 

Fais de petites bouteilles élixir de larmes et de sang

 

Ma barque s’envenime à chaque visite de l’éternel

 

Et pourtant je te porte léger dans mes veines

 

Comme un poisson entre deux mondes

 

J’aboie à la lune, j’hulule au soleil

 

Baisant la braise

 

Le crâne parsemé de verre

 

Orientale désorientée

 

Je coule dans le décor

   

Le scarabée écrase son front dans la terre

 

La Noire Sœur pose son pied dans son empreinte

 

Et le voyageur trouve son chemin en suivant mes cris

 

Mon front aura raison de la marée

 

Quand le sable s’enroule autour de mes chevilles

 

Je suis la folle adorée par un essaim d’abeilles

 

Et je nourris mes champs du sang de mes soldats

 

Vois comme le cycle se répète car je suis la Nouvelle

 

Et mon corps suit sa course étoilée

  

Face divisée et profil vivace

 

Je suis le choix et le carrefour de toute vie

 

Je suis le présent et en moi toutes les possibilités

 

Je t’offre mes paumes et mon attention

 

Dans mon ventre grandissent tes ambitions

 

Dans le silence du miroir tu me trouveras

 

Je suis la boiteuse et l’originale

  

 

 

MereArrosee

18:36 Écrit par La Baleine dans Lune | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |