03/01/2008

Coup de vent

Rien ne saurait altérer l’état dans lequel je me retrouve, même pas le temps, car il ne peut détruire que ce qu’il a engendré. Ma chair pourrait bien s’imprimer d’un morne sentiment, elle aura fait l’objet d’un sacrifice dont le sens m’échappe entièrement, mais auquel je reste liée, inéluctablement.

 

Le poisson n’est il pas lié au sacrifice ? Hier j’ai donné naissance à un petit Basilic, je ne puis engendrer que des monstres, est ce là la clef de ma vraie nature ? Elle revient au galop sur un cheval suant. J’ai été heureuse de vous voir, tous les deux, celui qui veut et celui qui ne veut pas, et je cesse de comprendre…mais il m’est interdit de m’effacer, chaque organe flamboyant me l’interdit, et je ne pense plus en terme d’inutilité. Et, vous ferez, Seigneur, avec ce que je suis, car je ne suis pas une erreur de votre Nature.

 « Il faut le regarder et en admettre la valeur pour n’en point devenir la victime » Fulcanelli 

La Vision seule me suffit, je ne paierai plus le prix du toucher…à vrai dire je paierai tous les prix…mais je ne suis ni victime, ni coupable. Je suis là, sans entêtement, sans mesure, supportant tout, même l’inconcevable, simplement pour la réciprocité évidente.

18:58 Écrit par La Baleine dans Vénus | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

31/12/2007

Attention

La matière filamenteuse que j’affectionne est un métal issu d’un cœur de bois, un bas de laine, cueilli à la limite entre la nuit et le jour, le jour d’abord, car c’est un fruit.

Quand je me perds je reviens toujours en mon Centre, il est une porte-plaie par laquelle j’entre et je ressort, et il me bat la mesure, sans relativité, aucune.

Première fructivore virtuose, mon appétit est la conséquence de tes distillations interdites, te souviens-tu ?

Dans le labyrinthe de mes entrailles qui se dessinent sur ta paume, peux-tu me retrouver ?

De cœur de glace en océan de plaintes, de partout mes cris sourds surgissent pour te marteler les tempes, depuis que l’oxygène nourrit le feu.

Un fil doré pend à mon tronc, l’animal est en liberté.

20:04 Écrit par La Baleine dans Vénus | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

25/10/2007

Interlude

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Parfois s’agite cette fille aux allures de pucelle, sa vulve énorme et rougie trahit ses appétits, chevelure mal bouclée et petites lèvres mesquines, de petits seins sous des tétons énormes, sa disproportion me distrait un temps. J’examine la pointe de ses cheveux trop secs qu’elle étale sur mon ventre. Elle met souvent ses longs doigts dans sa bouche et les laisse tremper inlassablement, après avoir sucé jusque l’intérieur de ses longs ongles vernis, elle étale ce qui reste de salive sur le prépuce tout en me jetant un regard vulgaire et maladroit.

Avachi confortablement, les coudes amples et la lumière basse je décide de ne pas bouger, je bande à peine quand elle augmente la cadence nerveusement, un peu impatiente. Doucement j’appuie sur le haut de son crâne  et je m’enfonce dans sa gorge, les bruits secs de bouche et de langue s’entrecoupent de gémissements, puis disparaissent. Je la sens se raidir, elle se redresse un peu, pose sa main à plat sur mon ventre.

Elle reste ainsi longtemps allongée sur le ventre à fumer une énième cigarette, je crois qu’elle me parle mais je ne veux pas écouter, j’entends chaque son individuellement, sans comprendre, ils sont accompagnés d’une gestuelle lourde, comme si elle ne se relèverai jamais, comme si elle n’avait rien à faire, nulle part ou aller.

21:34 Écrit par La Baleine dans Vénus | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |