04/08/2007

Du secret

Ce secret m’est cher. Il me coûte des heures devant le miroir. Je jouis de l’exclusivité de l’information, je le contemple sous tous ses angles, je lui accorde une attention démesurée et avec cette insolente lenteur qui m’est caractéristique je teste sa fragilité. Je lui offre d’être l’objet  d’absurdes expériences, dans une quête qui cette fois se veut minutieuse et titanesque car mon œuvre est évidemment cosmique. Alors pourquoi pas lui...ce secret en apparence banal pourrait devenir un secret éternel. J’ai essayé de le tuer dans l’œuf mais il a été plus fort, il s’est caché dans des recoins inattendus et a pris des forces.

Parfois l’envie de me dénuder me prend en otage, je me sens transpirer par tous les pores sous mon armure. Je veux expulser l’animal qui réclame son heure de gloire. Alors je me maintiens recroquevillée sur mon précieux en lui soufflant que son cousin a été tué ainsi, par Ridicule. L’observateur curieux finit par détourner son attention de mon apparent mutisme, si irritant en fin de compte. Mon secret se tient de lui-même en parfait équilibre sur mon point d’extase et de mystère, dans le point le plus creux de la paume de ma main, il exerce une pression telle que si l’on me regardait aujourd’hui on constaterait facilement à vue d’œil que je penche à gauche.

Il ne saurait être victime d’une érosion quelconque, je l’ai enfoui avec le désir qu’on vienne le chercher très profondément. C’est dans cet espoir que je le nourris, comme une dinde, espérant qu’à la Noël je puisse le sacrifier et le partager.

 

Les Grands Mystères et les petits mystères se transforment malheureusement trop vite en frustrations.

06:55 Écrit par La Baleine dans Lune | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

31/07/2007

Abandon

Je confonds ma droite et ma gauche, je suis au centre d’un cercle qui devient un cône et je m’effondre en l’exact centre. Mes bras élastiques se rejoignent pour se saluer entre mes deux omoplates. Mon cerveau vibre dans la boîte, je suis invitée au sommeil, à l’implosion, vaine est l’apesanteur, j’ai drainé les tâches d’ombre.

Le prince d’airain se coince, se débat, on ne le calmera plus. Je suis exactement là.

Mes mains dansent pour célébrer l’union pourtant tout autour le silence s’impose. Il pourrait rester coincé des millénaires, que je finis de crier à l’aide. Je suis exactement là m’examinant sur toutes les faces et je crois que je danse, que je jongle avec des balles invisibles, j’aimerai qu’on m’observe mais on n’y verrait encore qu’un hologramme.

 

« Vive celui qui m’abandonne, il me rend à moi-même. »

19:33 Écrit par La Baleine dans Lune | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

18/07/2007

Autocombustion

Rejeton babylonien incapable et avide,

Hamster dopé dans sa roue zodiacale,

J’erre entre le bleu hermaphrodite et le blues caféine.

Mon carrosse est perdu dans la forêt,

Usé par les jeux diaboliques des satyres,

Peu importe, le bois brûle.

 

De mes incisions nocturnes,

Il ne cesse de s’échapper des larves,

J’en fais des bijoux métalliques invendables.

Mes contes sont graveleux,

Mon chimerisme frustré,

Mes peintures inachevées,

Peu importe, le temps coule.

 

J’élève un dragon enchaîné à mes hanches,

Les princes ne sont que des facteurs,

Les chymistes d’inutiles souffleurs,

Ma cosmogonie un récit d’erreurs,

L’ennui un fidèle dealer,

Peu importe, le vent souffle.

 

Sous mes pieds j’écris un nom,

J’irradie des kilomètres de goudrons,

Je m’étrangle avec ton prénom,

T’importes peu mon impatience,

Que je tire sur le cordon

Que je me ronge le poignet,

Que je retombe comme un soufflet,

Que je me transforme en bousier,

J’ai bu tes restes jusque la lie,

Quand bien même tu serais limace,

J’ai usé de tous mes artifices,

Comme une dingue folle devant la glace,

Plus rien ne saurait me divertir,

Si tu n’as rien de meilleur

Alors je prendrais le pire.

22:16 Écrit par La Baleine dans Lune | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |