25/09/2009

mémoire du cor

C'est l'affaire d'aucun si je prends l'option de me jeter dans l'océan, si mon corps las des traumatismes cherche à dissoudre sa matière dans la morsure du sel. J'ai des scellés sur la peau, comme de grosses piqûres d'abeilles antiques qu'il faut rafraîchir, comme on rafraîchit une mémoire. Quand l'automne pointe, je laisse tomber les armures qui les recouvrent, mes chères plaques étincelantes, les charmeuses de servant. Et c'est la danse folle du chat qui aime l'oiseau.

En parlant de recouvrement, en parlant de couverture, en parlant de ridicule, en parlant de cache-misère, je parle de toi. Je parle de traces comme celles laissées par les escargots, larves sans domicile furetant la soufrière. Celles sur lesquelles tu glisses. Et sur ton séant tu reprendras bien un peu de plomb dans ta farce? Sans gras s'il vous plaît je n'ai pas l'âme généreuse.

Le corps donc, mémorisant les volte-faces de l'esprit, a ses saisons, et se garde peu de faire pleuvoir. Il toque trois fois puis vous défonce le thorax. Taureau furax, machine sensationnelle dépourvue d'idolâtrie, monstre folâtre peu mitigé qu'on aurait grand bien a mystifier, si ce n'est moi qui tend à l'absurde, l'absolution, la teigneuse. La peur a ses saisons que ta raison n'a pas manqué d'ignorer.

20:13 Écrit par La Baleine dans Mercure | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/09/2009

mommy

mummyhead3
Sans odeur agressive de lavande, nue dans les champs je cours, soufflant une haleine de mort sur les lilas, piétinant les touffes pointues d'herbe fraîche. Racontant les étoiles au fantôme de mon Minotaure, mon mythe, ma bête, toujours soigneusement couvé. Mais je te l'ai dit! Foutu oublieux! Tu restes un secret entretenu comme un jardin, mais le mien est minimaliste et fidèlement soucieux de laisser Nature exclusive décoratrice de son intérieur.

Pas besoin de révélation grandiose, oh non. Oh oui je suis la mouche, adoratrice des plafonniers, oh oui gloire à moi suicidaire passionnée, chair en araignée ornant religieusement le pare-brises de mon amant aimé. Et va vite! Vas-y vite! Vole au vent, agneau aux nœuds de laine. Mon enfant, ma foi, mes seins sont durs à la pensée de tes grands yeux humides et tombants (tes yeux pas mes seins!).

Irais-je ou n'irais-je pas, cachée et seule, les sens en extase, te voler autour, chatouiller en reniflant tes plumes, irais-je ou n'irais-je pas, la bouche en cœur, contempler à nouveau le scintillant de tes crocs ?

Ton nom fuit de ma bouche, remonte fluide de mes entrailles, dragon idiot crachant mon verbe-fumée. Oh rions, j'ai le cœur à ça, en folie et pétillant, insouciant, immortel. Créature frétillante et amorale qui compte tes pas dans la rue terne que tu hantes. Oh ridicule grisâtre laisse moi encore contempler l'espace entre tes dents, goûter à la fraîcheur de ta langue et me bercer au son gutturale qui ponctue tes rires.

Qui peut empêcher les enfants de psalmodier les mots magiques devant le miroir? Les grands prêtres me bourrent de plomb, et retombant sur mon séant je pleure fort vers le ciel, et sur ce même séant, divertie par ma crise, drainée, amnésique, je reviens aux premiers amours.

 

13:30 Écrit par La Baleine dans Mercure | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |