13/02/2008

Mémoire de bouche (pour l'oeil droit)

De mémoire de bouche on n’avait jamais honoré l’absence, la réalité n’avait jamais rejeté si sauvagement le fantasme, qui semblait, lui, jaillir d’un monde obscur, sans connaissance de l’être. « Tous les dieux savent que j’affectionne le mouvement, que me figer c’est me tuer.Pourtant je n’ai qu’un centre, un unique point, qui est ma source, et ma chute, d’où devait naître le Silence de l’accompli.» Umarê l’Adoré--On échangera la peau de ta paume contre celle de mon échine, je serai l’étoile du creux de ta main, tu seras le sceau secret protecteur--L’écriture saurait-elle se lasser d’être organique ?L’attachement saurait-il se rompre d’être viscéral ?Il faudra beaucoup d’alcool pour enlever le goût, autant de litres que de lavages de corps, que de machines à linge usées, il faudra à grandes eaux ou a grandes flammes effacer les traces du plaisir volé, puisque la lassitude n’a pas su le faire, les grandes chimies seront nécessaires.Des gorges flamboient de sentiments que la répétition rendra bientôt mièvres et mortels par le commun. Parce que c’est ainsi que l’on fonctionne dans la fosse commune.Ou peut-être que le prétendu sacrifié, plutôt artificier, l’aura tuée dans l’œuf comme il sait si bien le faire avec les œufs en tous genres… Bassesse dis-tu ? Oui j’ai mis bas, l’organe battu comme une possédée, par tes souhaits d’infidèle. J’ai sûrement était espagnole, j’en ai retenu la foi, et l’art des grosses aiguilles.Peut-être que la lâcheté racle les trachées avec une telle intensité que l’enfermement reste la manière la plus digne de vivre. Ton instinct de survie cherche à me tuer, et cette légitimité fait de toi une splendide marionnette du désespoir amoureux.Puis je avoir autant de haine qu’il m’est donné d’en produire, ce ne serait que pour un système que tu as bâti depuis quelques décennies et dont tu as pris soin de huiler les rouages, ma fougue et ma passion, si séduisantes pourtant, ne sauraient le détruire, nous avons le temps et la majorité contre nous. Une étincelle pétrifiée dans un buisson de houx. Je ne suis pas la meilleure oratrice face au doute, je n’ai pas goûté au fruit de la conviction, je ne fais pas partie des justes, je n’ai pas l’aura de ceux qui savent, pas l’ombre d’une consolatrice, je ne suis pas ta mère...rien que la Femme. Le drame me sciait au teint, mais jamais tu ne pourras RESOUDRE, la cécité n’est pas mon apanage, tu mets l’œil en poche, et tu oublies, tu oublies, oublie tu. Car ton bien ne vaut rien, tu es celle qui supporte le monde, le fruit de la division, celle des combats futiles, l’effervescence inappropriée.

22:52 Écrit par La Baleine dans Mars | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

C'est si belle!!!!!!!!!

Écrit par : Issy | 29/05/2008

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