31/07/2007

Joyce Mansour – Sens interdits (1979)

Il n’est pas de bonheur plus voluptueux

Qu’en cette pénétration de soi

Par tous les orifices de l’imaginaire

De l’anus grignotant

A la petite bouche de cire

L’homme qui s’est fait femme dans le charnier de son œuvre

Celui qui traqua son phallus dans les ruelles

Bordées d’ombre

S’est tu s’est tué une fois sa forge

Eteinte

Son sexe pincé

Son pinceau sectionné

Mineur minéralisé dans le tréfonds

De sa mine

Mort profonde ? Non

Soleil tiré de la pierre

Falaises de marbre en chaussettes de cuir

Aujourd’hui la vieillesse

Galope sur des talons aiguilles

L’arbre de vie ganté de noir

Traîne sa queue encre de Chine

Sur le fil sans fin

De sa toile-écran

Funambule du burin

Faux cils excès de joie bas résille

Cris rauques sous le vernis

Sperme amidon fécule et albumine

Des femmes fleurs s’ouvrent dans l’œil du printemps

Ocelles de plumes sur un pan de mur évanoui

Leur pubis un volcan

Brûlant et stérile

Leur plaie un lac pierre de lune

Un masque une chimère

Couvre leur visage de nuit

La peinture sèche

Un nœud d’angoisse durcit

Un drap défait bande en spirales

Le délire de Pierre Molinier

Vit.

20:01 Écrit par La Baleine dans Mars | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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