15/07/2007

Eternel Passager - 13e Merveille

"Viens,

Viens avec moi pour un Voyage Sous la Chair,

Viens avec moi  Embrumer tes Maux,

Viens,

Viens, n'Appartenons à Rien ,

Donne moi tes Fièvres,

Donne Moi tes Os,

Que je les couvrent de ma Peau,

Je t'Arracherai mes Yeux,

Pour que tu puisses les Boire,

Viens, Aimons Nous jusqu'à Sang,

Epandons nos Fluides sur leurs Tombes,

Viens avec Moi,

Je te Montrerai Que l'Amour Damné,

Vaut tout les Eternels,

Viens,  Respire par mes Naseaux,

J’Expirerai par Ta Bouche,

Viens,

Nous ne Formerons qu'Un Seul Cadavre.

Allongée sur son lit de Maure,

Son Corps aux lueurs d’Ambres

S’étale tel le Fard sur des Joues trop Blanches,

Dans la  pénombre de cette Alcôve aux effluves Vaginales

Je m’offrande à ses Regards gémissant espérant qu’ils Hurlent,

Dantesque paradis consumant la Semence de mon Âme éperdue,

La lueur des Cierges à l’allure lubrique fait vaciller ce qui me reste de Volonté,

Les Huiles aux  relents impudiques Oignent sa Peau Serpentesque,

Luisante et glissante sous  les doigts d'une Féminité Phallique.

De l’Encensoir,  une Brume Noire de Magie s’élève,  

Emplissant l’air déjà si lourd de son Aphrodite Sueur,

Frappant mon Sang , gonflant l’objet de ses Insoutenables Caresses.

Coulant de mes Lèvres, le Vin Sombre comme ses Lunaires Saignements,

 Peint sa Bouche entr' ouverte d’une Vampirique Morsure.

Du Fond des Enfers , monte un Râle,

 Emplissant ma Cage Thoracique d’un Air Sulfuré,

Dragonne Inspiration, guettant  dans les Yeux de mon Ennemie,

l’Embrasée Lueur,  Signe déchaînant  la Brûlure de nos Âmes .

Ô Toi, Sœur de mes Incestueuses Amours, 

Sais tu qu’en cet instant,

Du Ciel,  les Ailes en Flammes,

 Un Anges est Tombé.

Couvert de Ton Sang,

Il n’a pas pleuré l’Enfant né,

Au sortir de Ta Vulve,

Il eut préféré s’ y noyer,

Ventre Mort au Goût de Cimetière,

Tu l’as Condamné,

Porteur de Tes Fautes,

Et de Celles de Ses Pères,

En ses Chairs déjà Vieilles,

Il n’a rien Oublié de Ton passé,

Ton Lait Caillé au bout de tes Seins

Gerçait ses lèvres d’Amertume,

 Vomissant tes Odeurs, et tes Baisers.

Mais en ces Flammes où tu Péri,

Il n’a pas été Lavé,

Pourtant,  il t’a tant Aimé,

Il n’a pu Aimer que Toi,

Toi,   pour l’avoir Tué.

En Sombres Coulées,

Du Creux de tes Bas-fonds inondés,

Sous le Regard Enivrant des Anges éhontés,

Noyer sa Lumière dans un cloaque de Sang,

Dans tes  Yeux Fous,

Engloutir mes Croix et mes Clous,

Quand ne  reste  du Cœur,

   Que Lambeaux Suintant,

Se surprendre encore

A leurs convulsions dans le Caniveau.

Noir Coagulé d'un Sacrilège,

Blanc Immaculé  d'un "aurait dû",

S'arracher la trachée,

Et Te la poser sur l’épaule,

Plantée de cette Rose au Pourpre Oraculaire,…

J’ai beau m’abreuver,

Tes menstrues dégluties,

Me Brûlent encore les entrailles,

Suave poison, Ciguë Volontaire,

Me liant à Ta douleur pour l’Eternité, 

 Mon   Amour,  je Nous Hais."

 

disait-il, les poumons plein de jus de pomme.

 

21:15 Écrit par La Baleine | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

beaucoup de tes mots
portent la majuscule

Écrit par : N | 17/07/2007

Les commentaires sont fermés.